Hongrie & Croatie 2014 : un Euro sans favori ?

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Quelle meilleure occasion qu’un Euro pour insuffler un peu de vie à un blog en perdition ? À quelques jours du coup d’envoi des championnats d’Europe 2014, l’incertitude demeure : entre absentes et contre-performances, aucun favori ne se détache. De quoi faire perdre la tête aux sélectionneurs nationaux … et nous faire espérer deux semaines hautes en couleurs (photo : Márta Kállai).

Qu’attendre de ces deux semaines de compétitions ?

On avait quitté Budapest au début du mois de mai, après avoir assisté au second sacre du champion local, Győr. Avec panache mais sans grand suspense tant l’équipe avait dominé la dernière saison de Ligue des Champions : la nouvelle est plus que jamais incertaine et la finale de l’Euro qui se jouera à la Papp László Aréna pourrait bien en dessiner les premiers contours.

Car le fait est : si les meilleures joueuses du monde seront présentes en Europe centrale, elles ont déjà beaucoup donné en première partie de saison. Alors que des clubs comme le Vardar Skopje ou Györ tentent de gérer l’absence de leurs cadres, d’autres comme Metz, Baia Mare, Viborg ou Thüringer ont souffert pour se hisser au tour principal dans les meilleures conditions.

Sans Katrine Lunde ou Anita Görbicz, qu’attendre de la Norvège et de la Hongrie ? La Serbie saura-t-elle mobiliser ses stars, toutes blessées à quelques jours de l’échéance ? La grande Russie a-t-elle su panser ses plaies pour revenir sur la scène internationale ? Quid du Monténégro qui paraît le plus solide ? Doit-on s’attendre à une surprise de la part de la Croatie, de la Pologne ou de l’Ukraine ? Peut-on assister à un retour de l’Espagne ? Enfin : quel visage présentera l’équipe française ? Tentative de réponses à travers un panorama complet des équipes, joueuses à surveiller et pronostics.

Des championnes en délicatesse

Lors de la dernière édition (Serbie 2012), Norvège et Monténégro s’étaient empoignés pendant 80 longues minutes dans ce qui devait être un remake de la finale des Jeux de Londres : ce sont les joueuses des Balkans qui l’avaient emporté à Belgrade, mettant un terme à l’hégémonie scandinave. À l’époque, Ida Alstad et Milena Knežević avaient fait le match à 9m, inscrivant respectivement 11 et 10 buts chacune : l’an dernier, elles sont toutes deux passées à travers un mondial où leurs équipes ont été éliminées prématurément.

 

Norvège

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Katrine Lunde enceinte, les Norvégiennes perdent un élément précieux. Qu’à cela ne tienne, Kari Aalvik Grimsbø est de retour et il n’y a pas de raisons pour qu’elle ne puisse tenir la baraque comme elle l’avait fait à Londres. L’équipe scandinave est en reconstruction mais pourra compter sur inénarrable Linn-Kristin Riegelhuth Koren, fantomatique l’an dernier en Serbie, difficilement tenable ces dernières semaines. Les plus jeunes ont tout à prouver pour sortir indemnes d’un groupe relevé.

La joueuse à surveiller : Nora Mørk n’aime pas perdre et elle est prête à tout pour ne pas avoir à revivre l’humiliation de l’année passée. Forte d’un début de saison éclatant avec Larvik (35 buts européens), elle a aussi su convaincre Heidi Løke de ressortir son maillot. La jeune arrière droite polyvalente (elle joue aussi bien à l’aile qu’à la mène) a du temps à rattraper, et ça commence en Hongrie.

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Nora Mørk, Norvège (photo : Márta Kállai)

 

Monténégro

Dans les Balkans, on s’inquiète de la cheville de Katarina Bulatović, machine à scorer qui n’a toujours pas récupéré à 100%. Pour le reste, le collectif essentiellement issu du club de Budućnost est rodé : Milena Knežević et Jovanka Radicević, qu’on a connues au sommet sont néanmoins à la peine depuis plusieurs mois … pas de quoi baisser la garde. Après deux matchs de préparation plutôt alarmants face à la Croatie, le Monténégro danse sur un fil …

La joueuse à surveiller : Elle a su trouver ses repères à Paris, Marija Jovanović s’y épanouit et pointe en tête du classement des buteuses de LFH (79 buts), elle sera une véritable menace à 9m pour ses adversaires.

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Marija Jovanović, Monténégro (photo : Géraldine As Eye See)

 

Des prétendants sérieux

Elles sont là, à attendre leur heure : ces équipes, championnes hier, ont perdu de leur éclat, mais pas de leur rage de vaincre. Après un championnat du Monde raté, l’équipe de France version Portes a eu le temps de parfaire sa construction : en s’appuyant sur les restes de l’ère Krumbholz, les Tricolores ont une carte à jouer, à condition de garder leur sang-froid deux semaines durant. Le bronze mondial annonçait une renaissance du Danemark, cet Euro pourrait bien tourner à la consécration …

 

France

Chauvinisme de circonstance, il est toujours difficile de ne pas espérer secrètement un coup d’éclat de l’équipe de France. D’autant plus que depuis une décennie, la scène européenne a appris, parfois à ses dépends, que cette équipe avait les armes à défaut d’avoir un mental constant. Avec Kanto, Lacrabère, Pineau, Dembélé et Leynaud en armature d’un collectif qui fait la part belle à la jeunesse, l’équipe de France a tout à prouver après deux étapes de Golden League en demi-teinte. Premier objectif tricolore : s’offrir la Serbie – en plus d’une Slovaquie à sa portée – pour arriver au tour principal dans des dispositions correctes. Le Monténégro ferait office de cerise sur le gâteau et laisserait rêver au carré final puisqu’il n’y pas de gros poisson dans la poule C, qui croisera avec celle de la France.

Les joueuses à surveiller : Elle enchaîne les matchs-type en club avec Issy-Paris, Armelle Attingré n’a jamais su s’imposer sur la scène internationale; Cléopâtre Darleux absente, il y a une place à prendre. Alexandra Lacrabère connaît quelques déboires avec Nice qui végète en milieu de classement et la Paloise, elle, fonctionne un peu en « tout ou rien », éclatante un jour, terne le suivant. Ces deux joueuses ont un talent hors-norme : c’est le moment où jamais de le mettre à profit.

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Alexandra Lacrabère, France (photo : Sophie Drx)

 

Danemark

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Victorieuses des deux étapes de la Golden League, les Danoises surfent sur un retour en force entamé l’an dernier lors des Championnats du Monde où elle s’étaient débarrassées de l’Allemagne et du Monténégro avant de tomber face au Brésil en demi-finale. L’effectif de Jan Pytlick (qui a convoqué Louise Svalastog, disparue de l’équipe nationale depuis sa non-participation aux JO) est de qualité et l’a prouvé à maintes reprises, il se lancera dans une bataille où il faudra notamment effacer la Norvège et la Roumanie pour poursuivre l’aventure, mais avec cette fois-ci l’impression que la seule équipe qui pourrait arrêter ce Danemark, c’est lui-même.

La joueuse à surveiller : Les Messines ont certainement encore en tête les 12 buts et la maîtrise de Kristina Kristiansen, meneuse de l’équipe d’Holstebro, qui avait gâché la fête en mai 2013 (finale retour de la coupe EHF). Véritable poison pour l’équipe adverse, Kristiansen a tout d’une demi-centre exceptionnelle, sauf les titres. Nul doute que son objectif est d’y remédier.

DSC_4889_01Kristina Kristiansen, Danemark (photo : Márta Kállai)

 

Des trouble-fêtes

Elles ont les armes et on attend peu de ces deux équipes : le mélange est explosif et pourrait créer bien des surprises dans la deuxième partie du tableau. Capables du pire comme du meilleur, l’Allemagne et la Serbie pourraient bien se transformer en arbitres des groupes C et D.

 

Allemagne

Contrairement à leurs homologues footballeuses, les Allemandes sont aux abonnées absentes depuis près d’une décennie. Sous l’impact d’une Susann Müller impressionnante, la Mannschaft avait néanmoins réussi à tirer son épingle du jeu aux derniers championnats du Monde : peut-elle proposer le même niveau de jeu pour aller encore plus loin ? Certes, blessée à la main, Müller n’a pas touché un ballon de la saison … mais entre Leipzig et Thüringer, certaines de ses coéquipières (on pense à Nadgornaja, Wohlbold ou Lang) ont plutôt impressionné sur le tour préliminaire de la Champion’s League.

La joueuse à surveiller : Elle est de celles qui peuvent sauver un match à elles-seules, Clara Woltering est sans-doute la meilleure portière à se présenter à cet Euro. Si elle pourrait faire très mal à des Penezić et autre Torstensson lors des poules, ce sont des Lacrabère ou Lekić qui pourraient souffrir face à elle lors du tour principal …

DSC_0566Clara Woltering, Allemagne (photo : Márta Kállai)

 

Serbie

Vice-championnes du monde, les Serbes arriveront sur cet Euro comme l’inconnue numéro 1 de ce tournoi. Après deux compétitions réussies à domicile, que vaut cette équipe à l’extérieur ? À quoi ressemblera-t-elle d’ailleurs puisque à quelques jours de l’échéance, ses joueuses majeures sont toujours en rééducation ? On pense à sa base arrière, Liščević, Lekić et Damnjanović, mais aussi à son pivot, Cvijić et à sa gardienne, Tomašević : officiellement toutes de la partie, seront-elles à 100% ? Un préalable essentiel avant de se mesurer à la France ou au Monténégro …

La joueuse à surveiller : Dragana Cvijić se retrouvera sûrement cette année dans la short-list des meilleures joueuses. Que ça soit en attaque ou en défense, elle s’impose désormais comme une joueuse complète à son poste.

__bl_3819_02Dragana Cvijić , Serbie (photo : Márta Kállai)

 

Des nations historiques

Deux nations où le handball féminin est pris au sérieux, mais deux nations qui peinent à exister : alors que la Russie était habituée à tout gagner au niveau mondial, elle survit depuis quelques années. Même combat pour la Roumanie qui a pourtant en son sein, celle qu’on peut considérer comme la meilleure joueuse de cette fin d’année 2014 …

 

Roumanie

Après le fiasco orchestré par Costica Bucesci avec Baia Mare en Ligue des Champions, la Roumanie n’a pas bonne presse. L’an dernier déjà, l’équipe proposée par Gheorghe Tadici avait été sortie à la surprise générale par la Pologne, après avoir laissé entendre dans les médias qu’il ne s’agissait pourtant que d’une formalité pour elle. Face à la Norvège et au Danemark, la tâche s’annonce compliquée : peut-être faudra-t-il alors sortir les calculatrices, et se préserver pour le tour principal ? D’autant plus que le sélectionneur est privé de Luciana Marin et Oana Manea, deux joueuses clés de son collectif.

La joueuse à surveiller : En 2010, Cristina Neagu terminait meilleure buteuse d’un Euro où elle et ses coéquipières ramenaient le bronze. Depuis, ça a été la descente aux enfers : entre les blessures à répétition et la faillite de Vâlcea, « Messi », comme les Roumains aiment à l’appeler, a dû se battre pour revenir à son meilleur niveau. Celle qui a marqué l’année 2014 avec Budućnost sera le pilier de l’équipe roumaine : cela va-t-il suffire ?

11591205174_f9e3b4e868_z Cristina Neagu, Roumanie (photo : Sophie Drx)

 

Russie

Où est passée la grande Russie ? Depuis sa défaite face à la France au Mondial 2011, c’est silence radio. Trefilov parti, Trefilov revenu, non-sélection au Mondial 2013, on ne sait pas trop où en est cette nation souvent couronnée par le passé. Tout est à construire donc.

Les joueuses à surveiller : Peu connue du grand public, Ekaterina Ilina a pourtant la confiance de son sélectionneur. Auteure de quelques belles prestations en équipe nationale, elle pourrait surprendre des équipes qui n’ont pas l’habitude de la jouer.

 

Des hôtes en embuscade

On ne les attend pas forcément : elles seront portées par leur public, soit à Győr dans la toute nouvelle Audi Aréna, soit à Varaždin, de l’autre côté de la frontière. Si on a du mal à croire aux chances de la Hongrie, la Croatie pourrait surprendre …

Hongrie

On imagine immense, quoique mesurée, la déception des supporters hongrois, privés de leur meilleure joueuse alors que l’Euro a lieu chez eux. Anita Görbicz enceinte, András Németh devra se reposer sur l’ossature de Ferencváros : problème, alors que l’équipe avait sa qualification en poche pour la Ligue des Champions, elle a complètement déjoué, laissant le billet d’accès à Leipzig. Sans évoquer la douloureuse finale de 2003, les Hongroises devront faire preuve de cohésion et afficher un mental d’acier si elles veulent rejoindre leur capitale.

La joueuse à surveiller : Ambros Martin l’utilise comme joker, que ça soit à l’aile gauche, à la mène, ou sur la base arrière. Anikó Kovacsics fait partie de ces joueuses polyvalentes qui peuvent faire basculer un match. Utilisée avec parcimonie en équipe nationale, elle peut exploser si son sélectionneur lui fait confiance.

 

Croatie

Privées de Mondial par la France, les Croates sont de retour : après une campagne olympique honorable où elles avaient notamment vaincu le Monténégro et la Russie, elles n’avaient pas su s’extraire d’une poule compliquée à l’Euro 2012. À domicile, elles n’ont cette fois pas été pénalisées par le tirage qui reste abordable, entre une Allemagne possiblement diminuée et des Pays-Bas dans le flou, seule la Suède devrait poser problème aux joueuses de Vladimir Canjuga.

La joueuse à surveiller : Parmi les meilleures joueuses mondiales, Andrea Penezić est certainement l’une des plus discrètes. De par son tempérament sûrement, mais aussi par un manque de titres sur la scène internationale, en club ou en sélection. Après un début de saison explosif au Vardar Skopje où elle a été contrainte de prendre les rênes, l’arrière gauche de métier devra compter sur son équipe pour aller le plus loin possible sur cet Euro.

 

Des confirmations qui tardent

Médaillées hier, la Suède et l’Espagne sont depuis retombées dans l’oubli, malgré des effectifs d’une rare qualité. Ces deux équipes connaissent la musique et pourraient bien saisir leur chance à n’importe quel moment.

 

Suède

Thomas Sivertsson s’adjoindra les conseils d’Helle Thomsen, la technicienne du FC Midtjylland, pour cette nouvelle campagne. On avait laissé la Suède en argent à Herning en 2010, l’équipe est-elle prête pour réitérer la performance ? On l’a vu deux saisons de suite avec Sävehof en Ligue des Champions : certaines joueuses sont capables d’aller chercher l’exploit, alors pourquoi pas ? Autour de Torstensson ou Gulldén, la Suède a quelques talents à proposer.

La joueuse à surveiller : Parmi les artisanes des « coups » de Sävehof, on retiendra notamment Jenny Alm, serial buteuse difficile à contrôler et fer de lance d’une nouvelle génération de joueuses suédoises qui ont des choses à proposer.

 

Espagne

Leur dernier fait d’armes remonte aux Jeux Olympiques 2012, lorsqu’elles décrochent le bronze en s’imposant sur les Sud-Coréennes. Depuis, c’est compliqué pour les joueuses ibériques : tombées dans une poule équilibrée, il leur faudra être sur le pont dès le 7 décembre pour un match déjà décisif contre la Pologne.

Les joueuses à surveiller : Toutes (ou presque). Victimes de la crise qui a notamment touché le club d’Itxako, les joueuses espagnoles ont cette particularité d’être très peu à évoluer en Ligue des Champions et gardent donc une part d’imprévisibilité qui apparaît comme un atout précieux.

 

Des nations en devenir

Parties de loin, elles ont brillé l’an passé, les équipes néerlandaises et polonaises ne demandent qu’à apprendre : difficile cependant de les imaginer résister dans un Euro bien plus relevé que le précédent championnat du Monde.

 

Pays-Bas

La fédération des Pays-Bas voulait créer un club qui rassemblerait toutes ses internationales, pour les préparer aux Jeux de Rio : ça ne se fera pas faute de budget. Privées de la talentueuse Loïs Abbingh, l’équipe néerlandaise n’a toujours pas confirmé le coup d’éclat réalisé l’an passé en se qualifiant pour les championnats du Monde aux dépends de la Russie. Peu importe son parcours lors de cet Euro, elle a tout à gagner.

La joueuse à surveiller : On se rappellera des deux énormes matchs proposés par Nycke Groot pour le FC Midtjylland au dernier Final 4 et on n’attendra pas moins de celle qui s’impose comme une meneuse de jeu hors-pair.

 

Pologne

Même punition que pour l’Espagne, les Polonaises n’ont pas le droit à l’erreur. Après un très bon Mondial où elles ont éliminé tour à tour la Roumanie et la France à la surprise générale, les Polonaises seront prises très au sérieux par leurs adversaires. Celles qui seront vraisemblablement privées de Kinga Byzdra, blessée, pourront néanmoins compter sur Wojtas ou Kudlacz, plutôt inspirées en ce début de saison.

La joueuse à surveiller : Marta Gęga a terrorisé les défenses messines, norvégiennes et roumaines en Ligue des Champions à l’automne. Imprévisible, l’arrière gauche française, passée par la LFH, pourrait bien être une joueuse clé de cette équipe polonaise.

 

Des figurantes

Si le handball reste du sport, une victoire de la Slovaquie ou de l’Ukraine relèverait néanmoins du miracle. Programmées pour ne pas sortir des poules, les deux nations seront là pour emmagasiner de l’expérience, comme on dit, ou parce qu’il fallait 16 équipes pour la compétition, au choix.

 

Slovaquie

La Slovaquie a gentiment résisté à la France lors des qualifications. Elle ne paraît néanmoins pas prête pour ce genre de grands événements auxquels elle n’est pas habituée. La sortie dès le premier tour semble inévitable, à moins d’une déroute complète des Pays-Bas.

 

Ukraine

Privée d’une Yuliia Managarova qui ambitionne d’adopter la nationalité russe, l’Ukraine a pioché le groupe de la mort. Alors bien sûr, des joueuses comme Pidpalova ou Borschenko assureront le job, mais leur destin semble déjà scellé.

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